Communiqué de presse : réaction à la proposition de prière nationale pour la fête de l’assomption

Le 30 juillet 2012, le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, a adressé à tous les évêques de France, en prévision de la traditionnelle fête de l’Assomption, le texte d’une prière qui sera lue dans chaque paroisse à tous les croyants. Les membres de l’association ALHERT’ s’indignent du message que l’Eglise catholique entend faire passer dans ce texte.

En effet, il ne peut échapper à personne que cette prière va à l’encontre de l’idée d’égalité entre homos et hétéros en s’opposant au droit au mariage pour tous et à la reconnaissance de l’homoparentalité.

Nous sommes choqués par l’attitude de l’Eglise catholique qui remet en cause le choix démocratique des français qui en mai dernier ont porté au pouvoir un président qui s’est clairement engagé dans l’ouverture du mariage aux couples de même sexe et à la reconnaissance des familles homoparentales. Rappelons également que selon un récent sondage BVA, 63% des Français sont favorables à l’union entre personnes du même sexe et 56% à l’adoption par les couples de même sexe. Et dans notre République laïque, c’est bien aux citoyennes et citoyens français ainsi qu’au Législateur qu’appartient la décision de rétablir l’égalité des droits entre tous, et non pas à une institution religieuse.

De plus, nous rappelons qu’en véhiculant ce message, l’Eglise catholique souhaite non seulement maintenir l’infériorité des droits des homos mais aussi ceux de leurs enfants qu’elle semble pourtant vouloir protéger. Il faut se souvenir qu’aujourd’hui l’homoparentalité n’a aucune reconnaissance et que les premiers à en souffrir sont les enfants dont les liens qu’ils tissent avec leurs parents sociaux ne sont protégés par aucun droit. Enfin, nous estimons déplacé le choix des mots lorsque le texte dit des enfants :  » qu’ils cessent d’être les objets des désirs et des conflits des adultes ». Les multiples sens du mot « désirs » ne peuvent malheureusement que nous rappeler l’incessant amalgame entre homosexualité et pédophilie.

En 2010, à l’occasion de la Journée Mondiale de Lutte contre l’Homophobie, la Conférence des évêques de France avait co-signé un texte de prière qui disait :
« En cette veille de journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, donne-nous Seigneur de savoir dénoncer toute forme de violence. »
« En cette veille de journée contre l’homophobie et la transphobie, donne-nous Seigneur de défendre la dignité inconditionnelle de chaque être humain. »
Nous nous étonnons et nous attristons du retour en arrière qui vient de s’opérer, seulement deux ans plus tard.