17 mai 2013 : homo, bi, hetero, tout se vit, tout se vaut !

A l’occasion du 17 mai, journée internationale de lutte contre l’homophobie, le Conseil Académique à la Vie Lycéenne de l’académie de Clermont-Ferrand vous présente leur court-métrage pour lutter contre l’homophobie à l’école.
Avec le soutien de l’association ALHERT’ et du Conseil Régional Auvergne

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Genèse

Lors de la première réunion du CAVL en décembre 2012, les élus lycéens ont fait le choix de travailler sur la thématique des discriminations, et notamment l’homophobie, en créant une commission de travail. Ce projet de la commission de lutte contre les discriminations du CAVL vise à sensibiliser lycéens et collégiens au thème des discriminations en raison de l’orientation sexuelle. Il s’inscrit dans le cadre global du bien-être à l’école et du « vivre ensemble ». En février 2013, lors des journées de formation des élus, l’association ALHERT’ (Agir et Lutter contre l’Homophobie par une Education au Respect de Tous) est intervenue auprès des lycéens membres de la commission. Les élus ont pu notamment verbaliser les raisons qui les ont motivé à engager dès le début de leur mandat un travail sur la lutte contre les discriminations et de mieux comprendre les mécanismes de l’homophobie. C’est à cette occasion que ALHERT’ a proposé aux élus de mener un projet commun.

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Le court-métrage

Le court métrage « Homo, Bi, Hétéro, tout se vit, tout se vaut ! » est né de la rencontre de ces deux envies. Si l’association a apporté l’idée de créer un court métrage ainsi que les moyens de le réaliser grâce au soutien financier du Conseil Régional Auvergne, ce sont les élus du CAVL qui ont pris pleinement possession du projet en décidant du contenu et des messages, en écrivant le synopsis, en jouant devant la caméra et en choisissant les scènes à monter.

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La diffusion

Le court-métrage étant à destination des lycéens et collégiens, il sera diffusé via les espaces numériques de travail (ENT) des établissements, le site académique et le site national de la vie lycéenne.

Pour visionner le court-métrage :
http://www.ac-clermont.fr/eleve/vie_lyceenne/
http://www.alhert.org/

Les impressions des lycéens


Sur l’homophobie et les discriminations en général

« Nous avons pris conscience du fait que, malheureusement, et aujourd’hui plus que jamais, l’homophobie (et tout type de discrimination) était extrêmement répandue en milieu scolaire, devenant même un acte banal et quotidien. »

« On a choisi les discriminations parce qu’elles sont omniprésentes, un peu partout. Partout on entendra des gens dévaloriser des gens qui ne sont « pas comme nous » entre guillemets. Et puis c’est l’âge où on se construit. Ne pas avoir des idées négatives sur les gens qui nous entourent, je pense que c’est bien. »

« C’est un âge où on se construit, on développe notre esprit critique, alors c’est dur le regard des autres. C’est là où l’on peut recevoir en même temps des choses. C’est le bon moment car on est un peu plus mûr qu’au collège et on n’a pas encore nos idées bien fixées donc c’est un âge où on peut plus faire bouger les choses. »

« C’est un sujet très actuel. Lutter contre les discriminations ça permet de mieux comprendre les débats actuels. »

« L’éducation à la tolérance est vraiment nécessaire. Travailler sur tout ça et un travail d’éducation fait par des élèves ça peut être plus efficace, ça fait moins leçon de morale. Pour l’homophobie en particulier, c’est parce que c’est un tabou au lycée, on en parle pas vraiment. L’amour c’est important dans la vie d’un individu et c’est dommage d’empêcher qu’il exister. »

« C’est un acte utile de lutter contre les discrimination parce que justement on est à un âge où on est en train de se construire, où on peut s’ouvrir à la tolérance. En plus, comme l’homophobie c’est un peu une peur, une incompréhension, sensibiliser contre les discriminations ça peut vraiment être efficace et vraiment changer les choses. »

« On a plein de points communs en fait. Il fallait juste qu’on comprenne ça. »

Sur le projet

« Ce qui m’a vraiment plu, c’est le fait que ce court-métrage ait réellement été réalisé par nous, d’un bout à l’autre. Nous avons eu les idées de départ, nous avons trouvé ensemble un synopsis, avec l’aide des membres de l’association, et nous avons joué ce que nous imaginions […] Nous étions libres d’imaginer, dans la limite du réalisable, c’est pourquoi ce court-métrage nous parle vraiment. »

« Après avoir participé à ce projet, je me sens utile et heureuse de dénoncer les discriminations et de tenter de les combattre. « 

« J’ai trouvé la journée de tournage ainsi que le projet avec l’association ALHERT’ très enrichissant.»

« C’était très intéressant d’être au cœur d’un projet tel que la lutte contre l’homophobie, j’espère que ce court-métrage va sensibiliser les jeunes sur cette homophobie qui ne devrait plus être d’actualité dans notre monde. »

« Un aventure humaine à vivre, travailler avec cette association c’est juste une chance inouïe en fait, avoir l’opportunité de défendre cette idée et de réaliser ce clip pourra peut-être changer le regard des gens et si ça peut les toucher le pari est gagner c’est le but, on aura la satisfaction d’avoir fait une action qui nous a tenu vraiment à cœur. »


L’ÉDUCATION NATIONALE ET LA LUTTE CONTRE L’HOMOPHOBIE

Dans son rapport annuel 2012 portant sur les données de 2011, l’association SOS Homophobie constate une augmentation des témoignages d’homophobie et de transphobie dans le milieu scolaire. La première manifestation de l’homophobie reste l’insulte qui est de plus en plus banalisée, dite sous couvert de l’humour. Si les insultes ne sont parfois pas utilisées dans la volonté de s’attaquer à l’orientation sexuelle réelle d’une personne, il ne faut pas oublier qu’elles sont également un outil de harcèlement dont le but est de blesser volontairement les personnes homo, bi ou trans. Il convient de se rappeler que les mots ont un sens et que, quelle que soit la volonté première des personnes qui utilisent ces insultes, la banalisation de ces paroles qui associent l’homosexualité à un concept négatif engendre un climat difficile pour les jeunes homos, bi et trans. Il n’est pas rare que l’homophobie se manifeste également par des violences physiques ou du racket. Ces actes peuvent entrainer des conséquences désastreuses notamment auprès des plus jeunes qui ne trouvent parfois pas d’autres recours que la tentative de suicide.

L’éducation nationale a donc une part importante à prendre dans la lutte contre l’homophobie, comme dans la lutte contre toutes les discriminations. Ces dernières années, outre les interventions d’associations organisées dans les établissements, l’éducation nationale a promu deux projets d’envergure :

  • la diffusion auprès des élèves de ressources pour apporter à ceux qui en ont besoin une aide ou un accompagnement individualisé. Au printemps 2012, pour la troisième année consécutive le ministère s’est associé à une campagne de promotion de la Ligne Azur. Un kit de communication comprenant affiches et cartes mémo a été adressé à tous les collèges et lycées ;
  • le ministère s’est associé à la diffusion dans les établissements des courts métrages de la série « Jeune et homo sous le regard des autres », en septembre 2010. Cet outil de lutte contre l’homophobie proposé par l’INPES comprend cinq courts métrages et un livret d’accompagnement pédagogique. Les scénarios ont été écrits par les jeunes, dans le cadre d’un concours présidé par André Téchiné, réalisateur et scénariste.

La délégation ministérielle chargée de la prévention et de la lutte contre les violences en milieu scolaire préconise dans son rapport d’étape de février 2013 de « renforcer la prévention et le traitement du harcèlement, dont un élève sur vingt se dit aujourd’hui victime de manière sévère ou très sévère, et d’élargir cette action au cyberharcèlement, aux violences sexistes et à l’homophobie. »

Une partie de la campagne « Agir contre le harcèlement à l’École » sera orientée contre le harcèlement sexiste et homophobe, tout particulièrement en direction des lycéens.

« Le clip intitulé « Les rumeurs » sera complété par un kit pédagogique portant spécifiquement sur les violences sexistes et incluant des éléments de contexte sur la loi sur le harcèlement.

Parallèlement, une vidéo et un kit pédagogiques adaptés au public adolescent seront réalisés pour lutter contre les violences homophobes.

Chacun de ces kits intégrera la dimension de la cyberviolence : sensibilisation au phénomène, protection contre celui-ci, rôle des témoins en ligne, etc.

Pour le mois de juin et en préparation de la prochaine rentrée, des outils visant à sensibiliser les équipes pédagogiques à la question des discriminations et à favoriser une culture commune en la matière seront également élaborés et diffusés sur internet, dans les écoles et les établissements et auprès des structures qui agissent avec eux. »
De plus, en avril 2013, dans la circulaire d’orientation et de présentation de la rentrée 2013 (circulaire n° 2013-060 du 10 avril 2013), le ministère a très clairement montré sa volonté d’inscrire la lutte contre les discriminations comme une préoccupation pour l’année à venir. Dans les trois discriminations prioritaires pour la prochaine rentrée, nous retrouvons notamment l’homophobie.

« La politique éducative s’inscrit dans le cadre global et cohérent de la politique gouvernementale mise en œuvre depuis la rentrée 2012 et doit combattre toutes les formes de discriminations, qui nuisent à la cohésion sociale et à l’épanouissement de chacun comme individu et comme citoyen. En la matière, trois priorités ont été identifiées : la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, la lutte contre l’homophobie et la promotion de l’égalité entre les filles et les garçons. »

Enfin, Michel TEYCHENNE, chargé de mission à la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre, a remis son rapport au ministre de l’éducation nationale le vendredi 3 mai 2013. Outre un état des lieux national, Michel TEYCHENNE fait un certain nombre de propositions qui devraient prochainement être arbitrées par le ministre.


REMERCIEMENTS

Les élu-e-s du conseil académique à la vie lycéenne de l’académie de Clermont-Ferrand remercient :
– madame le recteur de l’académie de Clermont-Ferrand
– madame la déléguée académique à la vie lycéenne
– madame Vigneau-Pélissier, proviseur du lycée de Chamalières
– mesdames Isabelle Dugratoux et Armelle Girand conseillères principales d’éducation,
formatrices associées au CAVL

Avec le soutien du Conseil Régional Auvergne